Pourquoi les inégalités de développement expliquent-elles les mobilités internationales en Afrique australe ?
Texte 1 - L’Afrique du Sud au centre des migrations régionales
L’Afrique du Sud est le pays qui attire le plus de migrants en Afrique australe. Plusieurs centaines de milliers de personnes originaires de tous les autres pays d’Afrique australe, et surtout du Zimbabwe, du Mozambique et du Lesotho, viennent en Afrique du Sud avec l’espoir d’une vie meilleure et d’un emploi dans les mines ou dans l’agriculture. Les migrants peuvent être victimes de violences xénophobes par les populations locales. Le Botswana, pays stable, attire des migrants en provenance du Zimbabwe et de la Zambie, même si le pays contrôle rigoureusement ses frontières. Le Botswana est un pays d’accueil, de transit et de destination. L'Angola et la Zambie sont des pays de départ et de destination pour les migrants des pays limitrophes. Les Zambiens migrent vers des pays comme l'Afrique du Sud et le Botswana pour des raison économiques, tandis que la Zambie accueille des migrants qui fuient la guerre et la famine en République démocratique du Congo, au Rwanda ou au Burundi. L’instabilité politique est également un facteur d’explication de l’émigration à partir du Mozambique et du Zimbabwe. Au Lesotho, au Malawi et au Mozambique, les catastrophes naturelles (sécheresses, inondations) peuvent entraîner des migrations vers l’Afrique du Sud.
En Afrique australe, plusieurs frontières sont partiellement délimitées par des clôtures, principalement pour des raisons de sécurité, de santé animale et de contrôle migratoire. Entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, une clôture avait été érigée pendant l’Apartheid, notamment pour empêcher l’immigration. Depuis 1994, cette barrière physique n’est plus électrifiée mais 40 kilomètres de clôture ont été rétablis en raison de la pandémie de Covid-19. À la frontière entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, des clôtures existent dans certaines zones stratégiques, comme c'est le cas près du Parc national Kruger pour empêcher le braconnage, la contrebande et le passage des animaux. Ces barrières sont également un moyen de lutter contre les entrées irrégulières. Entre le Botswana et le Zimbabwe, une clôture de 2,5 mètres de hauteur a été érigée sur 500 kilomètres.
Texte 2 - Un facteur déterminant : les inégalités de développement
Les migrations régionales s’expliquent principalement par des inégalités de développement très fortes en Afrique australe, que ce soit entre les pays ou à l’intérieur de ces pays. L’Afrique du Sud, puissance émergente, possède l’IDH le plus élevé de la zone mais, comme dans tous les pays émergents, les inégalités sociales y sont très fortes (110e rang mondial pour l’IDH sur 193 pays). Le Botswana, pays riche en minerais (notamment en diamants), possède également un IDH élevé. Ces deux pays ont développé une économie diversifiée, ainsi que des infrastructures, des services de santé et d’éducation efficaces, bien que les inégalités – héritées de l’Apartheid – persistent. L’Eswatini, la Namibie, l’Angola, la Zambie et le Zimbabwe ont un IDH moyen, malgré des ressources minières importantes, à cause de crises économiques, politiques et/ou sanitaires récurrentes. Le Malawi, le Mozambique et le Lesotho ont des IDH faibles en raison d’une pauvreté multidimensionnelle élevée. L’accès à la santé, à l’éducation, à l’eau potable est limité et l’économie est en grande partie dépendante de l’agriculture. L’IDH du Mozambique est très faible (183e rang mondial). Cette situation s’explique par une économie très dépendante de l’agriculture et de conditions sanitaires (système de santé défaillant, importance du VIH, paludisme) défavorables.
Texte 3 - Les mobilités touristiques
L’Afrique du Sud accueille environ 9 millions de touristes internationaux, dont plus de la moitié sont originaires des pays limitrophes (Zimbabwe, Mozambique, Lesotho) et l’autre moitié provient d’Europe, des États-Unis et de la Chine. L’Afrique du Sud est également le principal pays émetteur de touristes vers les autres pays de la région. La Zambie et le Zimbabwe accueillent plus d’un million de touristes, et la Namibie environ 800 000 par an. L’Eswatini, le Mozambique et le Malawi reçoivent chaque année 500 000 touristes qui viennent visiter les parcs naturels et réaliser des safaris. L’Angola, le Botswana et le Lesotho ont une fréquentation touristique internationale inférieure, entre 100 000 et 300 000 visiteurs étrangers.
L’aménagement d’aéroports internationaux dans les métropoles permet de développer les flux de touristes. Les aéroports les plus importants se situent à Johannesburg, au Cap, à Durban et à Port Elizabeth en Afrique du Sud, à Luanda en Angola, à Maputo au Mozambique, à Windhoek en Namibie, à Lusaka en Zambie et à Harare au Zimbabwe. À l’exception de Luanda, la fréquentation de ces aéroports reflète l’attractivité touristique de ces pays.
Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.frTélécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/geographie-2de-gt ou directement le fichier ZIPSous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0 